Quand la tête s’enroule autour de l’instrument
On ne s’en rend pas compte en jouant, mais avec les années, une transformation silencieuse s'opère parfois. La tête se projette en avant et s'enroule autour de votre instrument.
Ce que l'on perçoit parfois avec effroi sur les photos ou des vidéos — ce cou qui semble s'affaisser en avant, cette bosse de bison qui apparait au sommet du dos — ou que l'on remarque chez son enfant, est une stratégie posturale que votre corps installe pour supporter un poids devenu trop lourd. C'est un déséquilibre qui trouve son origine à distance, loin de ce que l'on observe au départ.
Réserver mon bilan au cabinet
L'épuisement des muscles
Le point de départ est mathématique : une tête projetée de seulement 3 cm vers l’avant augmente la charge sur votre colonne cervicale d’environ 50 %.
Pour stabiliser ce poids, vos muscles superficiels s'activent ( par exemple les trapèzes), s'asphyxient très vites, car ils tentent de compenser le travail des muscles profonds devenus inactifs et des chaines posturales endurantes qui ne sont pas recrutées.
I — Le conflit interne
En s’enroulant autour de l’instrument, on peut avoir un sentiment de relaxation, de repos. Mais les muscles posturaux profonds s'inhibent. Il reste alors les muscles dynamiques, faits pour produire de la force ponctuelle sur un mouvement et non de l'endurance sur une posture, qui tentent de tenir le plus longtemps possible.
L'auto-test : Allongé·e sur le dos, rentrez le menton et décollez la tête de 2 cm. Si vous tremblez avant 10 secondes, votre musculature profonde doit être rééduquée.
II — Pourquoi « se tenir droit » ne marche pas
Vouloir se redresser par la force va activer ces muscles dynamiques, superficiels, en tirant la tête et les omoplates en arrière. Par effet rebond, cela projette votre tête encore plus en avant dès que vous relâchez votre attention.
Tricher avec la gravité - projeter son tronc en avant : La tête ne retrouve sa place que lorsque le tronc est bien placé et que l'équilibre est construit en dessous. Plutôt que de cambrer le dos, nous cherchons une légère flexion de hanche pour activer vos chaînes postérieures naturellement. La gravité fait le reste, c'est une chaine économique qui peut tenir sur la durée.
III — L’ancrage au sol : la racine de votre nuque
Votre corps est un réseau de muscles et de facias ininterrompus. Une chaine posturale relie vos orteils à la base de votre crâne.
Si vous jouez « coupé·e du sol », votre cerveau perçoit une instabilité et trouve de la stabilité dans le segment le plus proche : votre nuque va chercher à rééquilibrer le poids de votre corps et tous le tonus musculaire va être reporté sur les avants-bras et les mains. Retrouver un ancrage actif permet enfin aux muscles du cou de se relâcher. Cela semble éloigné, mais peut facilement se ressentir en étant accompagné durant les séances.
Passer de l’inquiétude à la compréhension
Le corps peut « désapprendre » s'il retrouve les bons appuis et que l'on active volontairement des muscles clés. L'idée n'est pas de juger votre technique, ou de supprimer des aspects de votre jeu mais plutôt d'activer de nouvelles perceptions, de comprendre le fonctionnement de votre corps, pour mettre votre tonus musculaire au service de votre jeu.
Ne restez pas avec vos doutes, discutons-en : envoyez-moi un court message, une photo et je pourrai vous présenter une première proposition d'accompagnement. Si vous êtes prêts à venir me voir, rendez-vous sur Onedoc!

